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Revue des martyrs
L'art rencontre le gorno…
Beaucoup de grosses revendications ont été faites pour le film d'horreur psychologique et physiologique de Pascal Laugier. Le meilleur ceci, le plus cela.
Eh bien, passons à travers le battage médiatique et précisons que le film de peur français Martyrs n'est pas la n'importe quoi. C'est, cependant, un de – un de les images les plus extrêmes jamais réalisées, un de meilleurs films d'horreur de la dernière décennie.
C’est aussi l’un des films les plus difficiles à critiquer. Pourquoi? Parce que ce qui commence comme une pièce de genre archétypale se tord et se casse rapidement dans des directions inattendues, ses vertigineuses plongées dans des terriers de lapin noir de minuit maintiennent les téléspectateurs désorientés et vulnérables.
Alors, pour l'instant, sachez que ceci : un enfant éclaboussé de sang est retrouvé fuyant un complexe industriel en 1971. Quinze ans plus tard, elle et une amie (Mylène Jampanoi et Morjana Alaoui, toutes deux excellentes) cherchent à se venger. De très mauvaises merdes se produisent.
Film porno de torture pour les lecteurs du Guardian, Martyrs est, selon Laugier, l'anti-Hostel, sa sauvagerie dépourvue de joie et son scalpel grattant l'esprit et l'âme autant que le corps meurtri et meurtri. Dans un plan incroyable et indélébile, la caméra creuse même profondément dans un iris dilaté pour un spectacle de lumière de style 2001 - l'extase dans l'agonie.
Bien sûr, suggérer qu'un gain peut émerger d'une telle douleur est au mieux controversé, au pire irresponsable, et la question de savoir si Laugier explique ou explore pleinement son thème principal est discutable. Mais Martyrs est un film d'horreur techniquement brillant, émotionnellement résonnant et inhabituellement cérébral qui ose contourner toutes les règles, mélanger toutes les humeurs.
La première moitié comprend une caméra chancelante, une coupe décousue et un fantôme à demi aperçu qui doit autant à Raphaël et Bacon qu'aux goules de J-horror. La seconde mi-temps est mécanique et méthodique, évoquant l'austérité cruelle de Michael Haneke mais empreinte d'une véritable tendresse. Extraordinaire.
Jamie Graham
Arthouse ? Grindhouse ? La Passion de Jeanne d'Arc : édition non classée ? Défiant toutes les frontières, Martyrs traite sans relâche la douleur viscérale et émerge comme une œuvre non seulement de terreur incessante, mais aussi de gravité et de beauté.
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